Éditorial En revenant de Dakar… Le Sommet de l’Energie en Afrique tenu à Dakar les 21 et 22 Mai à l’hôtel King Fahd a rencontré un très bon succès. Près de 100 participants pour la cérémonie d’ouverture, 35 interventions, des débats riches et animés, 3 ateliers passionnants. Ce Sommet a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les acteurs du secteur de l’énergie en Afrique et en particulier en Afrique de l’Ouest mais a fait émerger des recommandations pour faciliter l’exploration production pétrolière, mieux utiliser le potentiel du gaz, tenter de développer une industrie du raffinage africaine, favoriser le développement des énergies renouvelables, faire face aux difficultés récurrentes du secteur de l’électricité. Davantage d’harmonisation des réglementations, plus d’incitations pourraient conduire à davantage de découvertes de pétrole et de gaz. Le potentiel du gaz a été mis en valeur : son apport au secteur électrique sera déterminant. Le biogaz, fort bien défendu par une brillante intervention, peut être également une source d’énergie et d’électricité fondamentale en milieu rural. Les raffineries africaines souffrent, souvent pour des raisons de trésorerie, mais leur développement est nécessaire pour permettre en particulier l’émergence d’un marché de produits source d’économie pour tous les importateurs. Le potentiel du solaire et de l’éolien a été à nouveau souligné. Lorsqu’une fraction importante de l’électricité est encore produite à partir de gazole, à un coût exorbitant, des productions basées sur les renouvelables deviennent attrayantes. Le coût de l’électricité, très élevé, reste un problème fondamental. Le maintien et le développement des réseaux est également à prendre en compte. En raison de l’impossibilité de prévoir avec fiabilité leurs périodes de production, les intervenants ont souligné la nécessité de prendre en compte les grands projets d’ENR dans un cadre régional. Pour en savoir plus sur ce Sommet, voir le compte rendu sur la page d'accueil du site et télécharger les présentations mises en ligne. Présentations disponibles pour les participants au Sommet ou les internautes qui m’en feront la demande.  | Jean-Pierre Favennec President Association for the Development of Energy in Africa |
Compte rendu du Forum Économique International sur l’Afrique à Paris La Jeunesse africaine est la ressource clé du développement futur de l’Afrique par Philippe Lambert, Vice-Président de l’ADEA. A l’occasion de la publication des « Perspectives économiques en Afrique en 2102 », plus de 500 délégués étaient réunis à Paris une journée entière le 4 octobre au centre de conférences de l’OCDE pour le 12è Forum Economique International sur l’Afrique autour d’un thème central « Gestion des ressources humaines et naturelles : q uelles politiques pour promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique ? ». Parmi les intervenants de ce Forum figuraient Olusegun Obasanjo, ancien Président du Nigéria, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu, Premier Ministre du Togo, Amadou Kane, Ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal, Tiéna Coulibaly, Ministre de l’Economie et des Finances du Mali et en clôture de journée, Youssou N’dour, Ministre du Tourisme et de la Culture du Sénégal. Dans un contexte économique mondial très difficile avec une croissance en berne dans les pays de l’OCDE, le continent africain a su se démarquer comme l’une des régions à plus forte croissance au monde. En effet, parmi les 10 pays à la croissance la plus élevée de 2011, on retrouve pas moins de 6 pays africains. Ce résultat est toutefois relatif, car après un bond de 5% en 2010, le PIB du continent africain a augmenté de 3,4 % en 2011. Tandis que Nord de l’Afrique , en plein bouleversement politique, n’a crû que de 0,5 % en moyenne, les économies de l’Afrique sub-saharienne ont atteint une croissance supérieure à 5% , ce chiffre étant encore plus élevé pour la plupart des pays de cette zone lorsqu’on exclut l’Afrique du Sud qui a crû de 3,1 %. Pour les experts de l’OCDE, les perspectives économiques de l’Afrique sont positives avec une croissance de 4,5 % attendue en 2012 et 4,8% en 2013. Parmi les sujets de préoccupation qui nécessiterait une action résolue des dirigeants africains, figure la création d’emplois productifs et durables pour une jeunesse africaine en pleine expansion. L’OCDE souligne que Afrique est le continent le plus jeune du monde en termes de population. Le continent africain deviendra d’ici 25 ans le plus important bassin de ressources humaines du monde, dépassant l’Inde et la Chine, avec une main d’œuvre qui dépassera le milliard d’hommes et de femmes. Dans ce contexte, de nouvelles approches restent nécessaires pour valoriser pleinement cette formidable richesse démographique et humaine. Malgré une jeunesse de plus en plus éduquée, formée et entreprenante, l’emploi reste une préoccupation majeure pour le continent. Les indicateurs sont là pour le souligner : avec plus de 30% de sous-emploi et l’arrivée nette de 8 millions de jeunes chaque année sur le marché du travail, l’Afrique connait déjà le paradoxe du chômage élevé des jeunes ayant complété des études supérieures. Certaines conclusions s’imposent d’ores et déjà : le secteur public ne pourra absorber la vague de jeunes demandeurs d’emploi. Le secteur privé formel monte en puissance mais le tissu des entreprises doit être soutenu pour favoriser la création d’emplois durables. L’OCDE souligne que l’amélioration de l’éducation, l’émergence de nouvelles technologies et une urbanisation rapide sont des opportunités pour assurer le développement sectoriel et la création d’emplois. Le Forum Economique International sur l’Afrique a fait émerger les axes de progrès suivants : - Les secteurs informel et rural, longtemps considérés comme des poids morts , se révèlent être un vivier de talents entrepreneuriaux qui pourraient changer les perspectives d’emploi des jeunes. - Il n’y a pas de modèle de réussite duplicable partout. Chaque pays doit identifier ses atouts en termes de compétitivité, sélectionner ses secteurs de développement prioritaires et tout faire pour lever les obstacles (infrastructure, formation, financements). - L’Agriculture qui représente 40% du PNB et 70% de l’emploi en Afrique doit rester un secteur d’avenir . Il faudra en assurer le développement par une approche combinant éducation et formation, technologie et financements innovants afin d’assurer des nouveaux emplois dans une agriculture nouvelle et durable avec des effets d’entrainement sur l’économie rurale. - La finance doit devenir « inclusive » pour accompagner le développement du tissu économique rural et l’émergence de nouvelles PME – par une couverture rurale plus importante et l’accès aux micro-crédits, crédit-bail et le capital-risque. Les Partenriats Public –Privé peuvent et doivent contribuer à la mise en place accélérée d’infrastructures importantes. - Les nouvelles technologies de l’information favoriseront le désenclavement de l’économie rurale qui ne peut rester à l’écart du contexte mondial des marchés. - Le secteur minier et des ressources naturelles qui représe 25% du PIB du continent et environ 1% de l’emploi, va se développer encore et devra accroitre son effet d’entraînement sur le reste de l’économie. - L’adéquation système éducatif – débouchés d’emploi reste à améliorer. La formation professionnelle doit se rapprocher des besoins réels des entreprises. Ces dernières doivent être davantage intégrées en amont de l’élaboration de programmes du système éducatif qui devra s’ouvrir largement à l’alternance et l’apprentissage en entreprise. Des exemples de réussite significatifs comme l’université technologique à Ouagadougou par la Fondation 2iE (500 ingénieurs diplômés par an et 93 % de taux d’emploi à court terme) et la création de l’Institut de Formation des métiers de l’automobile au Maroc (4000 opérateurs formés) sont autant de réalisations encourageantes. Le rapport annuel de l’OCDE reste optimiste sur le futur de l’économie et de l’emploi à condition que les pays sachent piloter les réformes nécessaires : « En adoptant les politiques publiques adéquates pour supprimer les obstacles à la croissance et la rendre plus inclusive, l’Afrique a de bonnes chances de renforcer plus encore son potentiel économique et de promouvoir la cohésion sociale. Alors sa jeunesse en plein essor serait source d’un « dividende démographique » plutôt que de problèmes sociaux ». Pour en savoir plus : www. Africaneconomicoutlook.org/fr
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