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Conférence


• L’énergie électrique en Afrique :
investissements, régulation et privatisation

Une conférence proposée par l’Association des Economistes de l’Energie avec l'ADEA


Avec Jean‐Pierre Favennec,
Président de l’ADEA

Sidy Diop,
Vice‐Président Afrique de Microeconomix

Leila Hubeaut,
Associée, Afrique, énergie et infrastructures chez Herbert Smith

Mardi 12 mai 2015,
de 17 à 19 heures

à l'Ecole des Mines de Paris
60 boulevard Saint- Michel
75006 Paris

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Revue # 19


205

• Contact abonnement                          Latifa Hanifi : 01 47 16 97 92 


 

L'édito


L’Énergie pour l’Afrique :                                                                                                                                                des rendez-vous importants

Dans la douceur de l’été, l’ADEA prépare la rentrée. Notez bien nos prochains rendez vous :

  • -    Le mercredi 9 septembre nouvelle Assemblée Générale de l’Association. Nous avons préféré faire une nouvelle Assemblée Générale compte tenu du faible nombre de participants à la première Assemblée Générale le 16 juin.

    • o    Cette AG aura lieu à 16h au 42 Avenue Montaigne

    • o    Ordre du jour : rappel Rapport  Moral et Rapport Financier, Perspectives, Prochaines réunions du Think Tank

  • -    Le 24 septembre, présentation dans les locaux d’Eurogroup Consulting à 18h de l’étude Energie en Afrique à l’horizon 2050. Cette étude fouillée, à laquelle beaucoup d’entre vous ont été associés, comprend un état des lieux, des prévisions, des zooms sur différents sujets prioritaires et des entretiens avec des personnalités éminentes. Notre étude sera publiée ce 24 septembre

À noter que l’étude sera publiée sous deux versions :

  • o    Une version courte (environ 80 pages) sous la forme d’un petit livre qui sera publié en association avec Eurogroup Consulting

  • o    Une version « in extenso » d’environ 180 pages qui sera préparée sous forme téléchargeable sur notre site. Si nous recueillons des fonds (campagne en cours – cf ci-après) nous en ferons un e-book.

  • -    Enfin, notez dès à présent que le prochain Sommet de l’Énergie en Afrique aura lieu les 12 et 13 mai 2016. Le Sommet de cette année, où nous innovions avec une exposition, fait de Dakar une place majeure pour l’Énergie en Afrique

 

À très bientôt

Jean-Pierre Favennec
Président
Association pour
le Développement
de l'Énergie en Afrique

 

 

ADEA est à la recherche de financements, en particulier pour la publication de l’étude « Energie en Afrique en 2050 » (sortie de l’étude le 24 septembre). Merci de vous rapprocher de Jean-Pierre Favennec ou Philippe Lambert

 

 

 


L'interview


Jean-Pierre Favennec, président de l'ADEA :

«Il ne faut pas être naïf, les besoins sont tels qu’il va falloir recourir à toutes les sources disponibles»

Si Jean-Pierre Favennec, président de l'ADEA, est bien convaincu de la nécessité, pour l’Afrique, de développer autant que possible les énergies renouvelables, il n’en reste pas moins réaliste quant aux défis énergétiques gigantesques auxquels le continent doit faire face. Interview du magazine Énergies Africaines...

Energies Africaines : De plus en plus de pays africains proposent aux investisseurs, dans le domaine des énergies renouvelables, des montages PPP rentables et sécurisés qui attirent des capitaux très importants. Pensez-vous que les EnR pourraient devenir à moyen terme une alternative sérieuse aux hydrocarbures ?

Jean-Pierre Favennec : On sait que les besoins de l’Afrique sont considérables, surtout en Afrique subsaharienne, car en Afrique du Nord et en Afrique du Sud les problématiques sont différentes puisque ces pays sont déjà quasiment électrifiés. Par contre, en Afrique subsaharienne, la consommation d’énergie est très faible. On note, par exemple, un écart de 40 entre les pays d’Afrique de l’Ouest et les pays industrialisés d’Europe ou les Etats-Unis. Actuellement, la consommation d’énergie en Afrique subsaharienne est largement dominée par le bois, qui est une énergie renouvelable mais qu’il n’est pas souhaitable de développer puisqu’elle induit des problèmes de déforestation et surtout de santé publique. Les femmes consacrent beaucoup de temps et d’efforts pour collecter ce bois qui brûle ensuite dans de mauvaises conditions, provoquant des maladies respiratoires encore plus meurtrières que la malaria.
Donc, actuellement, l’énergie en Afrique subsaharienne, à part le bois, c’est un peu de pétrole, un peu de gaz ou de charbon, et bien sûr de l’électricité, souvent à base d’hydraulique ou bien de thermique. Ce qui manque surtout, c’est l’électricité. Sur environ un milliard de personnes, plus de la moitié n’a pas accès à l’électricité. L’objectif des différents plans qui ont été élaborés est de faire en sorte que vers 2040-2050, lorsque la population africaine sera à 1,5, voire 1,8 milliard d’habitants, le volume de population non électrifiée n’augmente pas. Ce qui signifie qu’actuellement, alors que nous sommes à largement moins de 50% de taux d’électrification, il faudrait monter à 70-80%. Cela suppose des moyens assez considérables. Pour réaliser cette électrification, on peut se référer au Maroc, un pays qui a réussi son électrification en passant en quelques années de 20% à 70-80% de taux d’accès à l’électricité. Cela s’est fait par l’extension des réseaux, et aussi par le développement de mini-réseaux, par de petites centrales au gasoil, mais aussi à partir du solaire ou de l’éolien.


EA : Dans la perspective de COP 21, on parle beaucoup du saut technologique qui permettrait à l’Afrique de se développer directement avec les EnR, comme le mobile s’est développé sans passer par le filaire. Cette hypothèse vous semble-t-elle réaliste ?

JPF : Je suis très prudent sur ce point. Bien sûr, il y a nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. L’Afrique est la région du monde qui émet le moins de CO2, mais c’est elle qui risque de souffrir le plus des conséquences de ce réchauffement. Il est donc nécessaire de favoriser les énergies renouvelables. On peut en effet imaginer qu’un développement constitué de petits réseaux basés sur des énergies renouvelables va jouer un rôle très important. Mais il ne faut pas non plus être naïf car l’ampleur des besoins est telle qu’il va falloir recourir à toutes les sources disponibles.
Il y a aussi le potentiel hydraulique qui est énorme. Je pense par exemple au site Inga, au Congo, dont le potentiel est de 40 GW, voire plus, ce qui permettrait d’alimenter toute le RDC, mais aussi les pays voisins et même au-delà. La même chose est en cours de réalisation en Ethiopie, où plusieurs grands barrages sont en construction et permettront au pays d’être autosuffisant et même d’exporter vers les pays voisins. Donc, en incluant l’hydraulique dans les énergies renouvelables, le potentiel de production électrique est très important. Par contre, en ce qui concerne les transports, le pétrole reste l’énergie dominante et, de ce point de vue, l’Afrique aura encore besoin des énergies fossiles pendant un certain temps.

EA : Le transport de l’électricité coûte également très cher. De ce point de vue, l’Afrique doit-elle développer les solutions off-grid ?

JPF : En effet, nous avons réalisé récemment des études sur ce sujet et il apparaît qu’en Afrique les pertes dans le transport d’électricité sont très importantes. Elles peuvent monter à 20%, voire plus, alors qu’en Europe elles se situent plutôt entre 5 et 10% au grand maximum. Les pertes en Afrique comprennent aussi les raccordements sauvages effectués par des populations qui n’ont pas les moyens de payer l’électricité. Il faudra sans doute compter sur les deux options. Le développement de l’hydraulique et des grands réseaux de distribution n’est pas la panacée, mais semble tout de même indispensable en regard des besoins du continent. La multiplication de petits réseaux décentralisés, basés essentiellement sur du solaire, est certainement une très bonne chose, mais pour cela il faut mettre en place des systèmes qui fonctionnent. Il y a eu trop d’installations construites en Afrique avec beaucoup de bonne volonté, mais qui n’ont pas fonctionné ensuite, faute d’entretien et de formation de techniciens locaux. Donc, pour réussir ces mises en place, un effort important doit être porté sur la formation d’un personnel local, d’autant plus que les coûts de formation sont relativement abordables. Les pays qui veulent prendre cette direction doivent donc préalablement intégrer ce besoin de formation dans leur système d’éducation.

EA : Pour préparer leur avenir, les Algériens, tout comme les Sud-Africains, peuvent aujourd’hui choisir d’investir dans les hydrocarbures de schistes ou bien dans les EnR. Que leur conseillez-vous ?

JPF : Les Sud-Africains sont face à un problème particulier car une partie de leur industrie et l’usine de GTL (Gas to Liquids – fabrication de produits liquides, essence, gazole, à partir de gaz naturel) fonctionnent à partir du gaz. Or, leurs réserves s’épuisent et s’ils veulent poursuivre cette activité, une solution serait d’exploiter les réserves de gaz de schistes du Karoo. Cette option n’est pas en compétition avec l’énergie solaire. D’ailleurs, l’Afrique du Sud développe actuellement de grands projets de centrales solaires. Pour l’Algérie, la problématique est un peu différente. Le pays voit ses réserves diminuer et ses besoins domestiques s’accroître très rapidement. Les prix du pétrole et du gaz y sont très bas et la consommation intérieure explose. Pour l’Algérie, la mise en production des gaz de schistes permettrait sans doute de satisfaire la demande intérieure tout en maintenant les volumes d’exportations.
 

EA : En quoi, selon vous, les importantes découvertes de gaz naturel dans le Canal du Mozambique vont-elles modifier les équilibres économiques et géopolitiques ?

JPF : En effet, les réserves sont énormes. Mais il faudra réunir beaucoup de conditions pour réaliser cette exploitation. Pour référence, les capacités de liquéfaction à mettre en place sont, à peu de choses près, analogues à celles du Qatar. Et pour mettre en place une telle capacité, le chantier du Qatar, c’était plus de 100 à 120 000 personnes qui travaillaient ensemble. Donc pour organiser une telle industrie au Mozambique et en Tanzanie, cela nécessite des infrastructures et des moyens humains qu’il faut progressivement mettre en place. Les gouvernements locaux fournissent beaucoup d’efforts pour y arriver, mais il leur faudra du temps. Cette industrie ne sera vraiment opérationnelle que vers 2020-2025, voire 2030.


EA : Les autorités marocaines sont très réservées concernant leurs chances de découvertes pétro-gazières conséquentes. A ce stade, les indicateurs sont-ils à ce point incertains, ou bien s’agit-il d’une prudence plus géopolitique ?

JPF : On enregistre en effet depuis quelque temps des découvertes sur toute la côte ouest de l’Afrique, depuis le Maroc jusqu’au Ghana. Vient s’ajouter à ce constat ce que l’on appelle « l’effet miroir ». Il existe au Brésil, au large de San Paulo et de Rio, des gisements traditionnels, par 2000 mètres d’eau, qui sont exploités depuis longtemps. Mais on a découvert, il y a maintenant une petite dizaine d’années, sous ces gisements, 2000 mètres de sel, puis d’autres gisements à 6000 ou 7000 mètres de profondeur qui sont tout à fait considérables. C’est ce qu’on appelle le « pré-sal ». Et comme les côtes brésiliennes et africaines présentent de grandes similitudes géologiques, du fait de leur très ancienne proximité, on a pensé que les côtes ouest-africaines pourraient contenir de tels gisements. Et effectivement, on commence à découvrir ici et là des gisements sous le sel, notamment en Angola, et peut-être bientôt dans les pays voisins.
En ce qui concerne spécifiquement le Maroc, il y a beaucoup de recherches qui ont été faites. Pour le moment, elles n’ont pas donné de résultats très probants, mais il y a sans doute des chances de découvrir quelques gisements. Peut-être pas de très grandes quantités, mais assez pour aider le pays. A ce jour, le Maroc, contrairement à son voisin algérien, n’a pratiquement pas de ressources de pétrole ou de gaz, et lorsque le prix du baril monte trop haut, le pays se trouve tout simplement asphyxié. Donc, trouver quelques gisements pour alimenter les besoins locaux serait déjà une excellente chose pour l’économie marocaine.


EA : L'ADEA a organisé le Salon international de l’énergie et du pétrole à Dakar, dont l’un des thèmes de conférence est « L’Afrique : un futur grand continent pétrolier ? ». Quelle est votre réponse à cette question ?

JPF : Une grande partie des découvertes pétrolières et gazières de ces dernières années ont été faites en Afrique, dont essentiellement les découvertes de gaz au Mozambique et en Tanzanie. Mais il y a également eu des découvertes assez importantes sur la côte ouest, puis quelques autres en Ouganda, et au Kenya. On a également enregistré des découvertes plus modestes dans des pays comme le Niger ou le Tchad qui ont permis en particulier à ces pays de disposer de petites raffineries et de satisfaire la demande locale sans recourir à une importation toujours très laborieuse et très coûteuses pour des pays africains enclavés. Ceci reste limité, comparé aux réserves du Moyen-Orient. Le pétrole africain ne changera pas la face du monde, mais il peut apporter une aide conséquente à certains pays du continent.

Propos recueillis par Dominique Flaux pour le magazine Energies Africaines No 3

 

 

 


 

 

 

 

 

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