Vu sur le web

Chute des cours du pétrole: plusieurs pays menacés d’effondrement

22 avril 2020
 

La pression va s’accroître sur l’Iran et le Venezuela. L’Algérie et l’Irak, où la contestation gronde, entrent dans une nouvelle zone de turbulences, tout comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne

L’Arabie saoudite et la Russie, les deux grands producteurs de pétrole qui ont précipité la crise en inondant le marché de leurs barils, ne sont pas les plus menacés par la chute des cours. Moscou et Riyad ont les reins solides. «Je ne vois pas les cours remonter tant que la pandémie du Covid-19 ne sera pas terminée et que les gens n’auront pas repris leur voiture et l’avion», prévient Emily Meierding, professeur en géopolitique énergétique à l’Université navale de Californie. Les monarchies du Golfe devraient aussi pouvoir absorber le choc mais devront puiser dans leurs réserves pour équilibrer leurs comptes. Mais on ne peut en dire autant d’autres pays pétroliers. Tour d’horizon.

Le Venezuela et l’Iran sous pression maximale
Le Venezuela et l’Iran, déjà étranglés par les sanctions internationales, en particulier la pression maximale exercée sur eux par les Etats-Unis, tremblent. Ces dernières années, la production vénézuélienne s’est effondrée. Le pays est exsangue et plus de 4 millions de Vénézuéliens se sont réfugiés dans les pays voisins pour fuir les pénuries. L’Etat verra ses revenus encore réduits. Au point d’être à nouveau ébranlé? Ces derniers mois, le président Nicolas Maduro avait plutôt réussi à consolider son pouvoir face aux tentatives de l’opposition de l’évincer.

 
La situation de Téhéran n’est guère plus enviable. Après avoir dénoncé l’accord sur le nucléaire, le président Donald Trump a réimposé un embargo sur le pétrole iranien et rarissimes sont les compagnies qui osent commercer avec la République islamique de peur des rétorsions américaines. Aujourd’hui, Téhéran ne vend plus qu’une infime partie de son brut à la Chine. Les maigres revenus du pays vont donc encore fondre. La contestation du régime des mollahs est actuellement en sourdine, après la répression terrible des manifestations contre la hausse du prix des carburants en novembre dernier. Mais la colère gronde, alimentée par la gestion catastrophique du Covid-19.

L’Algérie et l’Irak en ébullition
Ces deux producteurs ont en commun leur dépendance presque totale à leurs exportations pétrolières. Tous deux sont secoués par des manifestations depuis des mois. Le Covid-19 a contraint les Algériens à suspendre leurs rassemblements chaque vendredi. Mais les braises couvent toujours et le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre dernier malgré l’abstention massive, fait face à une défiance générale. Avec la chute des cours du brut, le gouvernement va devoir adopter de nouvelles mesures d’austérité, alors que les caisses de l’Etat ne permettent plus d’acheter la paix sociale.

Source : LeTemps.ch