Documents et Analyses

Les causes de la crise énergétique

4 février 2022

Pourquoi ces augmentations du prix de l’énergie ?

Le cas du pétrole

Le prix du pétrole est en forte augmentation (quoiqu’en proportion moindre que le prix du gaz ou de l’électricité). Il se rapproche du prix observé dans les années 2010 2014 (plus de 100 $ par baril) avant la chute brutale de fin 2014: les opérateurs constatent alors qu’il y a pléthore de brut du fait en particulier de l’arrivée du pétrole de schistes sur les marchés (pétrole de schistes : en gros 1Mbj en 2011, 2 Mbj en 2012, 3 Mbj en 2013 et 4 en 2014).

L’augmentation est souvent reconnue comme étant due à une demande soutenue en particulier dans les pays émergents alors que les investissements ralentissent (conséquence de la « volonté » de réduire les réductions de gaz à effet de serre et donc frein sur les investissements).

La seule variable d’ajustement pourrait être une augmentation de la production OPEP + mais les augmentations de production de l’organisation, bien que sensibles, semblent rester insuffisantes. La décision de l’OPEP + début février de limiter l’augmentation du quota à un niveau modeste maintient le prix à un niveau élevé.

A noter que le prélèvement sur les stocks stratégiques (70 à 80 Mb, pour l’essentiel aux Etats Unis – 50 Mb, le reste en Corée, au Japon …) n’a, pour faire court, aucun impact.

Le cas du gaz

Le prix s’est envolé à l’automne. Les facteurs évoqués sont assez nombreux :

  • Forte reprise économique mondiale (lorsque le variant OMICRON est apparu, le prix a provisoirement baissé car on craignait un impact sur la croissance économique mondiale, mais cette baisse a été provisoire).

  • Nécessité de remplis les stockages qui avaient été largement « vidés » pendant l’hiver 2020-2021 qui a été assez froid

  • Enfin le problème des approvisionnements russes a été au cœur des débats. La Russie fournit près de 40% du gaz consommé en Europe. Question : les approvisionnements en gaz en provenance cde Russie ont – ils été limités du fait d’une impossibilité de produire plus ou d’une volonté de la Russie de limiter les approvisionnements pour faire pression sur l’Europe (conflit du Dombass, volonté de faire ouvrir le gazoduc Nord Stream 2)

L’augmentation vertigineuse du prix du gaz est un peu surprenante. Outre des considérations politiques elle est sans doute liée simplement à un manque de gaz. Les ressources sont nombreuses mais les investissements pour les produire sont insuffisants, conséquence d’une volonté globale de limiter la production d’une énergie fossile.

A noter que les « prévisions » les plus récentes (février) sont plutôt en faveur de prix plus modérés du fait d’un hiver relativement doux et d’une baisse des tensions autour de l’Ukraine.

Le cas de l’électricité

Le prix de l’électricité s’est également fortement accru. Explication simpliste : le prix est égal au coût marginal de production qui est le coût de l’électricité produit à partir de gaz.

Peut-on mettre en cause la dérégulation du secteur électrique (et du secteur gazier) un peu partout dans le monde ? Cette déréglementation était supposée faire baisser le prix au consommateur. A terme la facture du consommateur ne peut qu’augmenter