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2026 : un renouveau du nucléaire ?

1 janvier 2026

L’industrie nucléaire est à un tournant. L’utilisation civile de l’énergie nucléaire a suivi, d’abord aux Etats Unis puis en Europe, la mise au point de la bombe atomique pendant la seconde guerre mondiale. Certains spécialistes aux Etats Unis prévoyaient même vers 1950 une disponibilité quasi infinie d’énergie – nucléaire – vers la fin du siècle, rendant sans intérêt tous les débats sur les réserves d’énergie fossile. C’est entre 1970 et 1990 que l’on connaitra le grand développement du nucléaire passant de 5 réacteurs avec une puissance d’1 ou 2 GW en 1950 à un parc de plus de 400 réacteurs en 1990. Trois pays possèdent la moitié des réacteurs : Etats Unis, 96, France, 56 et Chine, 55. Si les projets dans les pays occidentaux restent limités, la Chine par exemple table sur la construction de plusieurs dizaines, voire centaines de réacteurs.

Le développement du nucléaire en France

Dès 1946 le général De Gaulle crée le Commissariat à l’Energie Atomique qui travaillera à la fois sur les aspects militaires (explosion de la première bombe atomique française en 1960 dans le Sahara) et sur les aspects civils (mise au point de la filière graphite gaz). Les premières centrales seront mises en service à la fin des années 1950. 

La France étant dépourvue d’énergies fossiles, tous les gouvernements de la quatrième puis de la cinquième république se préoccupent le la filière nucléaire. Au début des années 1970 le choix s’oriente vers la filière à eau pressurisée. Lancé au début de 19743, le programme nucléaire français est fortement accéléré par le premier choc pétrolier qui voit le prix du pétrole multiplié par 3. En 1974 il est décidé de construire 55 réacteurs d’une puissance de 55GW au total. Les réacteurs seront construits jusqu’en 1994 avec des puissances unitaires variant de 900 à 1300 MW.

Le nucléaire dans le monde

Le premier accident nucléaire important aura lieu sur la centrale de Three Mile Island en 1979. Mais il aura peu d’impact sur l’activité du nucléaire civil.

Le développement du nucléaire dans le monde a été arrêté par la catastrophe de Tchernobyl (explosion d’un réacteur en Ukraine en 1986). Au début des années 2000 une renaissance du nucléaire semblait se dessiner mais la catastrophe de Fukushima (un tsunami submerge les centrales nucléaires de Fukushima sur la cote Est du Japon, provoquant une explosion) va à nouveau conduire à l’arrêt de nombreux projets

L’industrie nucléaire doit faire face à une opposition plus ou moins importante selon les pays. Le risque d’accident mais également la gestion des déchets radioactifs, après utilisation du combustible, sont à la base des oppositions au nucléaire

Le nucléaire est-il nécessaire ?

Le changement climatique dont les effets sont de plus en plus clairs (incendies, inondations, érosion des côtes) est dû à l’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, en particulier le gaz carbonique qui résulte en grande partie de la combustion des énergies fossiles et le méthane. Or les énergies fossiles couvrent plus de 80 % des besoins mondiaux en énergie. 

En 2024 la consommation d’énergie dans le monde a augmenté de 2%, la consommation de pétrole de 1%, celle de charbon de 1% également, celle de gaz de 3%. Certes les énergies renouvelables (en particulier solaire et éolien, se développent très vite. Quasi inexistantes il y a 20 ans elles couvrent désormais environ 8% (avec l’hydraulique) de nos besoins. Mais solaire et éolien, s’ils n’émettent pas de gaz à effet de serre présentent quelques inconvénients : ils sont intermittents et lorsque le soleil disparait ou le vent s’affaiblit il faut trouver d’autres sources d’énergie. En outre la construction des éoliennes, des panneaux solaires, des batteries requiert des quantités substantielles de métaux critiques (cuivre, nickel, cobalt, lithium ..) et de terres rares dont l’extraction pose des problèmes d’environnement et dont la production est largement concentrée en Chine, les pays occidentaux, qui ne sont pas forcément dépourvus de terres rares par exemple, ayant préféré délocaliser en Asie une production jugée trop polluante.

Conclusion

Actuellement le nucléaire produit environ 10% de l’électricité générée dans le monde, les renouvelables (hydraulique, solaire, éolien) en générant plus de 30 %

Mais il est illusoire de penser que les renouvelables puissent entièrement se substituer aux combustibles fossiles, largement responsables du changement climatique. Le nucléaire, malgré ses inconvénients, n’émet pas de gaz à effet de serre. Il est sans doute une nécessité.