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Le gaz naturel, énergie fossile de transition ?

25 décembre 2025

Dix ans après la COP21 et son engagement de tenter de limiter à 2°Celsius l’augmentation de la température en 2100, force est de constater que la consommation d’énergie dans le monde continue à progresser et que la consommation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) dont la combustion est la principale source de gaz à effet de serre, augmente également. En 2024 la consommation d’énergie dans le monde a augmenté de 2%, la consommation de pétrole de 1%, celle de charbon de 1% également, celle de gaz de 3%. L’objectif fixé en 2015 risque donc d’être difficile à atteindre.

Parmi les énergies fossiles le gaz naturel présente des avantages indéniables : il est peu polluant et sa combustion émet beaucoup moins de gaz carbonique que la combustion du pétrole et du charbon. En outre la technologie des centrales à gaz à cycle combiné permet d’atteindre des rendements très supérieurs à ceux des autres installations.

Enfin avec le développement rapide de l’éolien et du solaire pour la production d’électricité, il est impératif de disposer de solutions de remplacement lorsque le vent tombe et le soleil se couche. Les centrales au gaz présentent l’avantage de démarrer très rapidement contrairement aux centrales au charbon par exemple.

Le développement rapide du gaz naturel

Le gaz : énergie de transition ? Cette formule, inventée par l’Agence Internationale de l’Energie vers 2010, signifie que le gaz, en remplaçant le charbon et le pétrole pourrait permettre d’aller dans le sens d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre, donc d’un ralentissement du changement climatique dont les effets sont de plus en plus visibles (incendies plus violents, inondations, érosion côtière ..).

Si dans les grands pays Européens et au Japon par exemple la consommation de gaz baisse fortement, elle augmente en particulier très vite en Chine et en Inde où la production électrique est surtout à base de charbon, très polluante. L’utilisation du gaz est donc une priorité pour remplacer – partiellement – le charbon.

La situation en Europe

En Europe le gaz de ville, obtenu par pyrolyse du charbon a été progressivement remplacé par du gaz naturel à partir des années 50. Les découvertes du gaz de Lacq en France de Groningen aux Pays Bas puis les importations d’Algérie et enfin de Russie ont permis ce développement de la consommation.

Il a fallu une action coordonnée et vigoureuse de Margareth Thatcher et François Mitterrand pour obtenir de Ronald Reagan, président des Etats Unis, l’accès aux technologies américaines nécessaires à la construction des gazoducs qui devaient transporter le gaz naturel des immenses champs de la presqu’ile de Yamal en Sibérie jusqu’en Europe. Les premiers gazoducs transitaient par l’Ukraine avant que la détérioration des relations entre la Russie et l’Ukraine n’incite les russes à construire le gazoduc sous-marin Nord Stream qui alimentait directement l’Europe à partir de la région de Saint Pétersbourg en passant par la Baltique.

L’invasion de l’Ukraine a conduit la Russie à diminuer puis arrêter l’essentiel se ses livraisons de gaz qui représentaient vers 2020 près de 40 % de la consommation Européenne. Conséquence de cet arrêt : les prix du gaz ont été multipliés par un facteur 10 en 2022 entrainant une augmentation similaire du prix de l’électricité sur les marchés internationaux

La situation est néanmoins rapidement revenue à la normale grâce à des fournitures supplémentaires de la Norvège et surtout des Etats Unis, mais aussi à une réduction de la demande et un développement des renouvelables.

Conclusion

Le gaz naturel occupe une place unique : il est le garant de la stabilité du système actuel tout en étant le combustible dont il faut apprendre à se passer. Au niveau mondial, il reste un moteur de croissance et de sortie du charbon. En Europe sa consommation doit décroître au profit des gaz renouvelables (biogaz obtenu par méthanisation) pour respecter les engagements climatiques. L'enjeu des cinq prochaines années sera de réussir cette mutation technologique sans sacrifier la compétitivité économique du continent.