SIEPA 2026 : perspectives encourageantes
Le Salon International de l’Energie du Pétrole en Afrique s’est déroulé les 12 et 13 mai à Dakar. Il a permis de faire le point et de débattre sur les différents enjeux énergétiques : production de pétrole et de gaz, raffinage et distribution des produits pétroliers, production d’électricité, développement des énergies renouvelables, action contre le changement climatique.
Production de pétrole et de gaz
Le champ de Sangomar, premier champ de pétrole découvert au Sénégal en 2014, est entré en production en 2024 et fourni 100 000 barils par jour conformément aux prévisions. Les perspectives sont excellents d’un point de vue technique
Le champ de gaz GTA (Grand Tortue – Ahmeyim) découvert en 2015 par la société Kosmos à une centaine de kilomètres des côtes, à cheval sur la frontière ventre le Sénégal et la Mauritanie, est entré en production en 2025. C’est un consortium qui réunit BP (47 %) , Kosmos (24 %), Petrosen (12 %) et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH) qui contrôle les opérations Il produit environ 2,5 millions de tonnes de GNL par an. En outre GTA fourrnira à brève échéance 300 millions de mètres cubes de gaz au Sénégal et à la Mauritanie. Au Sénégal, un gazoduxc conduira le gaz de GTA vers une centrale électrique de 300 MW située à Gandon près de Saint Louis
Pour mémoire l’exploration réalisée par Kosmos à partir de 2015 à conduit à la découverte de plusieurs autres gisements de gaz, en particulier Yakaar Teranga au Sénégal, en offshore entre Dakar et Saint Louis et Bir Allah en Mauritanie
Mais BP s’est retiré du projet et Kosmos a également récemment quitté le Sénégal. Or le gouvernement Sénégalais tient à développer Yakaar Teranga pour alimenter en priorité les centrales électriques de la région de Dakar qui actuellement fonctionnent au fuel lourd, puis développer une production d’engrais et alimenter en énergie les industries locales. C’est donc Petrosen qui a désormais la charge de développer Yakaar Teranga. Deux défis majeurs : le financement et les opérations techniques à réaliser. Le financement fait l’objet de nombreuses discussions. Il faut rassembler plusieurs milliards de dollars. Petrosen compte sur l’épargne au Sénégal et dans la diaspora et sur la collaboration d’autres pays africains, comme l’indiquait récemment à Nairobi le patron de Petrosen Holding, pour financer le développement. Les aspects techniques nécessiteront le recours à des consultants et à des sociétés de services extérieures. Le Sénégal dispose désormais d’équipes d’ingénieurs et de techniciens bien formés pour le développement du projet.
Il faut noter la volonté du gouvernement de renégocier des contrats pétroliers et gaziers. Des discussions sont donc en cours pour améliorer des revenus de l'état sénégalais
Le raffinage
Au Sénégal, comme confirmé pendant le SIEPA, la Société Africaine de Raffinage créée en 1963 dispose d’une raffinerie de 30 000 barils (à l’origine la capacité était plus faible mais plusieurs augmentations de capacité ont été réalisées). Mais cette raffinerie couvre désormais moins de la moitié des besoins Sénégalais et la SAR se concentre sur le projet SAR 2.0 qui consiste à construire une nouvelle raffinerie de 4 millions de tonnes par (80 000 baris par jour) pour réduire les importations. Une décision devrait être prise en fin d’année
Dans la sous-région le point important est la construction et la mise en service la raffinerie Dangote qui a atteint sa pleine capacité soit 630 000 barils par jour ou un peu plus et 31 millions de tonnes par an, près de 20 fois la capacité de la SAR. Cette raffinerie dont la construction a pris plus de 10 ans et dont le coût a dépassé 20 milliards de dollars fonctionne désormais à pleine capacité et peut alimenter le marché nigérian et exporter vers les autres pays africains et vers l’Europe, à un moment où la crise du Moyen-Orient crée des pénuries non seulement de brut mais également les produits. Le milliardaire Aliko Dangote a annoncé récemment vouloir doubler la capacité de la raffinerie de Lagos et construire une raffinerie de grande taille en Afrique de l'est où la plupart des raffineries ont été fermées du fait de la concurrence des raffineries du Golfe persique qui peuvent produire dans des conditions très compétitives du fait de leur approvisionnement en brut local, de leur taille et de leur complexité.
L'électricité
L’objectif reste dans la plupart des pays un accès de toute la population à l'électricité dans les prochaines années. En Afrique de l'ouest cet objectif semble réalisable dans quelques pays comme le Ghana, la Côte d'Ivoire et bien entendu le Sénégal. Les discussions tournent autour de la stratégie pour atteindre cet objectif : soit par extension du réseau soit par extension du réseau avec installation de systèmes autonomes, solaires en particulier, dans les villages les plus reculés. A noter les efforts du WAPP (West African Power Pool) pour interconnecter les réseaux les différents pays
Le prochain SIEPA, qui marquera le 25ème anniversaire de l’événement aura lieu les 27 et 28 Avril 2027
Retenez les dates !
Jean-Pierre Favennec
Président
Association pour
le Développement
de l'Énergie en Afrique





















