Impact de la crise du Moyen Orient sur l’Afrique
L’attaque d’Israël et des États-Unis sur l’Iran provoque des bouleversements importants du marché de l'énergie.
La fermeture du détroit d’Ormuz
Cette fermeture prive le marché pétrolier d'environ 15 à 20 millions de barils par jour, soit 15% de la consommation mondiale de pétrole. Seules les exportations iraniennes de l'ordre de 2 millions de barils par jour peuvent franchir le détroit. Elles se dirigent surtout vers la Chine. Les exportations du Koweït et de l'Irak sont pour l'essentiel à l'arrêt. Pour l'Arabie Saoudite il existe une possibilité d'exporter une partie de son pétrole par la Mer Rouge mais le contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb par les Houtis proches de l'Iran limite sans doute ces exportations. De la même façon les exportations des Émirats arabes unis peuvent en partie être effectuées à partir du Golfe d’Oman mais les installations de Fujaïrah ne sont pas à l'abri des frappes de l'Iran. Enfin la production de pétrole dans la région est pour l’instant très largement limitée d'une part du fait de l'impossibilité d'exporter d'autre part en raison de la destruction de certaines installations par des missiles
Quant au gaz, le Qatar qui dispose des plus importantes capacités de liquéfaction après les États-Unis a vu ses installations partiellement attaquées et mises actuellement à l’arrêt. Les exportations de gaz de gaz naturel qui passaient par le détroit d’Ormuz sont évidemment également interrompues.
L’envolée du prix du brut
Depuis le 28 février début des attaques américaine et israélienne le prix du pétrole qui était de 60$ par baril mi-février est passé à 70$à la veille des attaques et n’a cessé ensuite d’augmenter. Certaines déclarations de Donald Trump en provoqué un repli provisoire, mais début avril le prix est reparti à la hausse et dépasse largement 100$ par baril. Il pourrait peut-être monter à 150$ ou plus si le détroit d’Ormuz restait fermé encore plusieurs semaines.
Flambée des prix du pétrole et inflation importée
Pour les économies africaines, cette hausse se traduit directement par une augmentation de la facture d'importation. Beaucoup de pays africains ne possèdent pas de raffineries et dépendent donc des importations de gazole et d'essence, des produits raffinés encore plus coûteux que le brut
La hausse des prix du carburant impacte tous les secteurs, y compris le fret, les droits portuaires, le tourisme, l'alimentation et les transports, ce qui se traduit par des coûts supplémentaires pour les entreprises et les consommateurs.
Ralentissement de la croissance économique et pénuries de carburant
Un haut responsable de la régulation énergétique régionale a estimé que les pénuries de carburant et la guerre au Moyen-Orient pourraient réduire la croissance des économies africaines de 1 à 2 points de pourcentage par rapport aux estimations initiales, et même de 2 à 3 points de pourcentage si la guerre persiste deux mois ou plus. Avant le conflit, la Banque africaine de développement prévoyait une croissance de 4,3% pour l'économie africaine en 2026.
Beaucoup de pays africains ne disposent de réserves de carburant que pour 15 à 25 jours (elles sont de 90 jours dans les pays membres de l’Agence Internationale de l’Energie qui regroupe les pays d’Amérique du Nord, d’Europe occidentale et quelques pays d’Asie). Cette situation de pénurie potentielle à moyen terme obligerait certains gouvernements à envisager des mesures de rationnement ou d'interdiction des exportations de carburant.
En guise de conclusion
Au-delà de l’énergie de très nombreux secteurs de l’économie mondiale sont affectés. Les pays du Golfe Persique sont d’importants producteurs de plastiques, d’engrais, de métaux critiques …
Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz se traduirait par de graves perturbations de l’économie mondiale.
Le SIEPA (Salon International de l’Energie et du Pétrole) qui aura lieu les 12 et 13 mai prochains à Dakar (Hotel King Fahd) abordera tous ces problèmes
Inscrivez vous auprès de :
Sekou Diaite Secrétaire Général de l’ASDEA sekoufantamady@gmail.com
Jean Pierre Favennec, Président ADEA, jpfavennec@yahoo.fr
Jean-Pierre Favennec
Président
Association pour
le Développement
de l'Énergie en Afrique





















